Avec Zappa, Elvis Costello restera un des artistes les plus prolifiques de la musique pop-rock. Bon an mal an il n’est pas rare de voir sortir deux ou trois opus de l’artiste dans divers labels parfois inattendus. Un des plus prestigieux label de musique classique lui a même ouvert ses portes. Costello, après avoir été la coqueluche des teenagers américains, est donc de partout. Mais jamais de nulle part. Et il a su sans cesse non seulement rebondir mais évoluer.
National Ransom sort du studio Sound Emporium de Nashville. Il est produit par T-Bone Burnett. Costello y fait preuve de tout son génie musical. Sa musique possède toujours un goût râpeux. Il est atténué par la voix sucrée du chanteur et compositeur lorsqu’il joue les crooners. Costello peut en effet tout se permettre et mélanger le trivial qui sied bien au rock à une sophistication dont l’élégance n’a rien à voir avec ce glam-rock qu’au même moment Bryan Ferry tente de recycler que bien que mal avec son Olympia prétentieux à souhait.
Tandis que Ferry s’adjoint une pléiade de pigistes de luxe (David Gilmour, Johnny Greenwood, Nils Rogers) afin de redorer son blason déclinant, Costello est accompagné des musiciens des Imposters et des Sugarcanes ainsi que de Marc Ribot, Buddy Miller et Leon Russell. Si parfois 21 musiciens classiques se joignent à lui (sur “You Hung the Moon”), une simple guitare et une contrebasse suffisent sur “Bullets for the New Born King”. De cet ensemble apparemment pluri formes et multi fonctions qui passe par le blue grass, le hillbilly, le rhythm and blues et le jazz, la musique reste de l’ordre générique d’un rock country aussi intelligible que puissant
Tout n’est pas toujours réussi chez Costello. Mais force est de constater qu’il n’y a rien à jeter ici – ou vraiment pas grand chose. Le brio est omniprésent entre la rauque et le faux glamour. S’y cueillent des fleurs sauvages pour un bouquet spécial et spécifique. Il fausse les pistes et part dans diverses directions. Si bien que la frontière entre le minimal et le symphonique est pratiquement imperceptible.
Renonçant à la mélancolie, transcendé par l’énergie Costello prouve que le Rock peut bien vieillir s’il ose se dégager de toute fadeur, d’emphase et de vanité. Ce que pour sa part a oublié Bryan Ferry dans sa bouillabaisse néo glam.



![Sebkha-Chott – Nigla[h] (Tapisseries Fines en XXX Strips et LXX/X Trompettes)](http://www.discolab.fr/wp-content/uploads/2012/05/email24.png)






